Un petit groupe de francais s'est forme. Nous sommes 5. 2 couples (dont 1 que j'ai rencontre en partant de Chiang Mai) avec qui nous allons chercher une guesthouse pour la nuit.
Nous sommes a Huay Xai, poste frontiere Laotien et nous partons demain pour Luang Prabang pour certains et Louang Nam Tha pour d'autres.
Deja on commence a voir par ci par la des inscriptions en Francais, des formes de panneaux connus, des plats typiques de l'hexagone. En quelques metres le Laos nous parait deja tres acceuillant.
A cela s'ajoute notre hote qui a fait ses etudes a la Sorbonne pendant 3 ans et qui semble connaitre mieux la France que moi. Decidemment, on trouve toujours des choses surprenantes en voyageant.
Nous sortons en groupe pour aller a une fete organisee en l'honneur des moines de la ville. Cela arrive 3j dans l'annee. C'est en fait une fete forraine avec des ballons, de la musique et de la nourriture. On est heureux, on va danser avec eux un peu ennivre par leur beerlao qui couvre 99% du marche local.
Belle premiere soiree. Je n'aurais pas eu l'occasion de faire cela en Thailande, et apres quelques heures aux Laos je dansais avec les villageois.
Apres conseils de notre hote au sujet des trekking, nous nous arretons a Vieng Poukha, sur la route initiale, et la depauysement total. Le bus local nous avait deja mis en bouche, mais le lieu ou nous arrivons est totalement different de tout ce que j'ai deja vu.

Tout est simple et sommaire, austere et poussiereux. Mais malgre cela on ne sent pas de misere. La ville est assez petite pour conserver encore cette solidarite entre les gens. On voit que les sourires sont plus difficiles a gagner. Nous ne sommes clairement plus en Thailande. Les enfants sont mefiants, presque craintifs. Dans notre guesthouse, nous n'avons de l'electricite que pendant les heures sombres, tout cela alimente par une helice placee dans la riviere. Je reserve mon trekking de 3j pour le lendemain avec Gwen et Emilie, le couple de Francais de Chiang Mai, et Alexis un autre francais croise dans l'agence.

Au final nous sommes 6 (avec un couple de Neerlendais) auquel s'ajoute 1 guide et 2 porteurs. Nous croisons les doigts pour avoir un guide agreable, parlant anglais et voulant nous faire decouvrir son pays. Le trekking est un eco-tour, donc notre depense aidera les villageois que nous allons rencontrer.
Assez rapidement le contact se fait avec Sikham, notre guide. Cet homme de 46ans et un vrai personnage. Le rire facile, attentif et surtout un fin connaisseur de sa foret. Il connait les arbres, nous montre les fleurs et les herbes, coupent des feuilles pour assaisonner les plats. En l'espace de 3jours nous aurons droit a : des bols en bamboo que nous garderons pendant les 3j pour manger, des petits verres de shots pour boire le lao-lao (l'eau de vie locale), une arbalete en bamboo, un piege pour les cochons sauvages, des pics pour frire nos babanes et ....la reparation de la porte de notre bungalow en live en quelques minutes. C'est un vrai MacGyver qui nous accompagne.
Le trekking est assez tranquille. L'idee n'etant pas necessairement de s'ecrouler de fatigue le soir, cela convient a tout le monde. Nous escladons un pic a 2000m pour avoir une vue sur le NPA (National Protected Area) de Nam Tha. On est tous humble devant le paysage. On realise qu'en l'espace de quelques jours nous sommes passes de Chiang Mai et ses bars aguicheurs a ca. Des montagnes a pertes de vue, de la nature pure, un coucher de soleil, et puis toujours ce guide souriant et farceur, n'arretant pas de nous dire "Be carefull" et riant de plus belle.
Apres la premiere nuit dans le bungalow, et notre 3eme repas fait de sticky rice et d'haricots, nous partons pour le village Khmu et y dormir. Je regrimpe vers la montagne tot dans la matinee pour avoir une derniere vue de ce magnifique parc.

La marche est toujours ponctuee de petits instants nature, expliquant que cet arbre est bon contre la malaria, que celui ci est bon contre les moustiques...on sent, c'est comme de la citronelle. Et on commence a comprendre les signaux. Quand Man (l'un des porteur) va couper des feuilles de palmiers, c'est que nous allons manger dans peu de temps.

Cette fois-ci, nous apprenons comment trouver les bamboos contenant des vers. Il suffit de regarder attentivement les trous dans le tronc. Apres quelques coups de machette efficace, voila que Man a les mains remplis de vers, que nous allons deguster ce soir au village. Le moment est la encore d'une sincerite incroyable. Sikham prend plaisir a nous montrer ca, il rit et nous fait rire.
L'arrive au village nous touche tous d'une maniere differente. Nous croyons avoir vu de l'austerite a Vieng Poukha, ici nous sommes loin du "luxe" d'hier. Pas d'electricite, certains enfants sont nus, d'autres a habilles de vetements trop grand, de casquettes recuperees. Mais tous ont dans leur yeux une espece de fascination de voir des fa-lang, le mot pour appeler les Francais, et qui est aujourd'hui utilise pour tous les blancs.

Ils sont une foule, a courrir, rire, crier, chanter. Notre bungalow est a l'ecart du village pour ne pas contrarier la vie du village, mais leur Arbre est juste a cote. C'est comme un arbre magique, un refuge pour tous ces enfants qui eux grandissent trop vite. Je pense a Peter Pan, mais je sais que c'est justement l'inverse. Ils escaladent a une vitesse ahurissante ces branches pour monter jusqu'a 15m, 20m. Et lorsque je veux monter avec eux, penetrer dans ce lieu particulier, je realise qu'ils ont peur. Que je les fais pleurer.
Je les laisse venir vers moi. Apres quelques heures, l'un d'entre eux accepte enfin un contact physique sans crier et paniquer. Les doigts se touchent et les autres regardent comme fascine.
Le village rassemble une centaine de personnes, et 3 chefs du village gouvernent a cette petite communaute. Tout se partage. Des qu'on tue un porc ou un poulet, tout le monde est convie pour profiter de ce moment particulier.
Sikham ne parle pas Khmu, il ne peut donc communiquer qu'avec ceux parlant Laos. Il semble toujours aussi heureux d'etre la, mais parait parfois nostalgique, songeur.
Ce soir nous tuerons un poulet. Chacun de nos repas se composait de le meme chose et lorsque certains avaient envie de se plaindre, on se souvenait que Sikham et les autres ne se nourrisaient que de ca, depuis leurs premieres annees. Pas de luxe de manger de la viande tous les jours, de manger assaisonne. Mais ce soir au village, nous aurons du poulet. C'est un vrai festin qui se prepare. Sikham met la main a la pate, c'est lui qui egorge le poulet, sans jeter au prealable un bout de riz au dessus de son epaule pour remercier les esprits.Nous demandons expressement a Sikham, Seun et Man de se joindre a nous pour le repas. Ils ne semblent pas habitue a ca, mais le font avec plaisir.
Sikham va chercher une bouteille de lao-lao (qu'il paie de sa poche nous l'apprendrons plus tard d'autres trekker n'ayant pas eu de bouteille), et rempli nos verres de shots en bamboo. Les rires viennent encore plus facilement. Son "Be carefull Sep" me fait de plus en plus rire. Car pour simplifier la chose je lui ai dis de m'appeler "Seb", qu'il finira par prononcer Sep. On s'entend bien. Je pense qu'il m'apprecie. Il me pose des questions, trinque, touche ma barbe, s'adresse directement a moi...Il doit voir la curiosite et l'envie de partager dans mes yeux.
Je finis de prendre quelques photos. Les enfants sont demandeurs, je ne me prive pas. C'est un regal pour le coeur et pour les yeux. Chaque sourire vaut de l'or.
Pour les remercier, avant de partir le lendemain matin, nous leur offrons chacun un vetement qui seront confie aux chefs du village. Le geste est apprecie. Sikham nous le dit.
Derniere ligne droite avant le retour sur Terre. Pour ma part je ne veux pas que ca finisse. D'autres commencent a saturer le sticky rice et les lits durs. D'autant que dans les montagnes il fait extremement froid la nuit.
Une fois de retour a Vieng Poukha, je demande a Sikham de me mettre son adresse. Je lui enverrai des photos de lui et des enfants, en esperant qu'il fasse la commission. Un questionnaire nous ai donne pour noter le trekking et le guide. L'avis est unanime, ce fut une experience unique. Nous sommes d'ailleurs tous un peu joyeux, du a la bouteille de lao-lao qu'il s'est procure dans le dernier village. Sikham est un gros buveur, et nous trinquerons pour la derniere fois dans la voiture sur le trajet retour.
Ces 3jours representent a ce jour la plus belle experience que j'ai pu avoir en 2 mois. Je n'ai pas pu aborder tous les moments que j'ai vecu la bas, tous comme toutes les photos que j'ai eu la chance de pouvoir prendre. Je completerai tous ca en revenant!!
Je suis loin de tout ce que j'ai vu depuis que je suis en Thailande. Ici les touristes semblent rares, les objets du marche sont a destination des Thais. A peine arrive, je me fais appeler dans la rue "Hey Seb!!". Je me retourne pour voir un couple de Francais que j'avais rencontre a Koh Pha Ngan. La coincidence est tout de meme bonne. On s'est quitte il y a 2 semaines d'une des iles les plus touristiques de Thailande, pour se retrouver dans un petit coin paumer au Nord.
Ils sont accompagne de Bernhard, Suisse germanophone de 38ans. Apres quelques echanges, je m'eclipse pour profiter du coucher du soleil et monter sur la colline qui surplombe la ville. En haut un Wat, comme d'habitude. Mais autour de moi ce n'est que montagnes, couleurs chaudes du soleil et verdures.





On se ballade un peu autour du lac artificiel, et direction un autre village. Pour moi ce sera la fin du voyage car mon engin est vraiment dans un sale etat, et etant a 40 km de Mae Hong Son, je ne veux pas rentrer a pied s'il me lache dans les pattes. Retour a la chambre pour un petit footing.


































