mardi 11 mai 2010

Superbe surprise que Vung Tau




Pour ne pas deroger a la regle de sortir des sites touristiques, et encore plus apres CuCi, je me dirige vers Vung Tau, une station balneaire a 2heures de Saigon. Particularite, elle abrite le plus grand Christ du Vietnam. Il fait tout simplement 32m.

Sur le trajet deja des eglises immenses prennent le pas sur les temples bouddhistes ou cadoistes. Je ne comprend pas la frequence de ces monuments. Je regarde mon guide : 10% de la population est catholique, sur un pays de 85 millions d'habitants ca fait tout de meme pas mal. Resultat, il y en a tous les 2km. Elles sont immenses, colorees et d'un style bien evidemment recent.
La ville de Vung Tau en soit n'est pas particulierement agreable, belle ou attirante, mais elle rassemble plusieurs choses qui en ont fais une de mes villes preferees du Vietnam.
Elle borde la mer par une plage s'etirant sur plusieurs dizaines de km, possede une colline accueillant cette immense statue de Jesus et propose un des meilleurs marches de nuit de fruits de mer que j'ai pu avoir la chance de voir en Asie.Je reste 2 nuits dans cette ville, avec tout d'abord l'ascension de cette colline de 100m pour pouvoir admirer une des choses les plus surprenantes du Vietnam selon moi : ce fameux Christ de 32m, dominant la cote et donnant une vue imprenable sur la ville. Au sommet on se croirait a Rio de Janeiro, Christ, colline, plage et vue plongeante sur la ville.

On peut monter dans les bras du geant. Je ne me prive pas. La vue est superbe, imprenable. Photos du Jesus comtemplant la mer. Il a un beau profil.


Ensuite je continue vers le phare qui se trouve sur le meme massif montagneux, a 40 minutes a pieds. Pendant l'ascension, un Vietnamien me propose gentillement de me deposer en haut en scooter. J'accepte avec plaisir. On s'arrete finalement a une petite echoppe ou 2 amies a lui attendent. On discute sommairement parce que leur anglais est pauvre, mais je comprend qu'il est photographe et que ses deux copines sont des models. Apres avoir bu un coup, je realise qu'elles m'invitent. Premiere fois depuis que je suis au Vietnam qu'on me paie un coup. Ce ne sera pas le dernier.

On se retrouve au sommet, eux en scooter, moi a pied. En haut, ils sont en pleine seance photos. Je prend en photo le photographe et ses modeles.
La suite de la visite de la ville presente pas de particularite, mais pas de touristes blancs, pas de bruits hormis celui des vagues, un tournage de film, un dejeuner dans un restaurant local a regarder des combats de K1 avec des clients, trinquer et rire ensemble.


Le soir je me dirige vers le front de mer pour aller deguster les calamars, coquillages et fruits de mer grilles. Je m'attable a 50cm de hauteur sur les bientot fameuses "mini tables" Vietnamniennes. La dessus je commande, a nouveau un Vietnamien avec sa femme me souri et leve son verre. Je trinque, lui demande si je peux m'asseoir avec eux. Et la dicussion commence. Il commande pour moi, partage tout, me sert, donne...tout ca avec le sourire et une vrai joie dans son regard. Sa femme ne parle pas anglais donc elle rentre. Je reste avec lui presque 3heures a parler de sa vie, de ce qu'il aimerait faire, de sa famille qui est parti aux Etats-Unis...qu'il a essaye mais a ete rattrape sur le "boat-people". Aujourd'hui sa soeur est au Vietnam mais reste dans un hotel 3 etoiles parce que son frere ne peut l'heberger. Il est amere, mais aime son pays. J'essaie de lui faire relativiser comme je peux. Il a 42 ans j'en ai 27. Il parle de voyage mais sait que le plus loin qu'il verra est surement Hanoi a la fin de sa vie. Je suis genee. Je gomme les pays que j'ai visite pour lui dire que mon voyage se limite au Vietnam. Mais deja je sens l'envie.


Il sourit pourtant. C'est un homme bon. Il n'arrete pas de trinquer et de me tendre son paquet de cigarettes. C'est l'occasion de reprendre apres une semaine.
On finit par laisser la plage dans notre dos, lui pour rejoindre sa femme, moi ma chambre d'hotel. Il me donne son numero pour quand je reviendrai a HCMV.

Je sais que ca ne se fera pas, mais je prend son papier en souriant.
Vung Tau m'aura touche par sa sincerite et sa generosite.
Prochain stop, Mui Ne. Son interet, des dunes de sables couleurs blanches et rouges de plusieurs dizaines de metres. Qui aurait cru trouver l'equivalent de la Dune du Pilat sur les plages Vietnamiennes. Le coin rassemble une quantite incroyable de Russes, attires par la celibrite du spot de kite surf de Mui Ne. La plage n'est pourtant pas ideale et le vent est aux abonnees absents au moment ou j'y passe. Par contre, le barbecue de nuit tire tous les soirs devant la plage est encore excellent. Les regals de la mer. Et ces dunes immenses, ou des enfants proposent de faire de la luge des sables. Et cette riviere qui serpente en creusant la roche rouge, orange, blanche, jaune...
Et son port de peche qui me fait penser a ce qu j'ai pu voir a Rabat et Sale, paisible et plein de couleurs. La ballade en velo est d'un agreable.

Apres ces deux arrets balneaires, je rentre dans les terres. Direction Dalat, station climatique du sud Vietnam.

lundi 10 mai 2010

Les tunnels de CuCi

On m'en avait beaucoup parle de ces fameux tunnels utilises par les Viets Cong du Nord Vietnam pour penetrer les positions Americaines du Sud. Tunnels creuses main pour acheminer hommes, munitions et nouritures, a seulement 70km de Saigon.
Y aller seul est complique, donc je paie pour un Tour Operator, et me voila dans le bus avec d'autres touristes en esperant que ca ne va pas gacher la visite.
Le guide est desagrable, semble amuse par le lieu. Comme d'ailleurs beaucoup d'autres personnes. Des hauts-parleurs ont ete places au sol simulant des bruits d'avions et de coups de feu. La dessus des Vietnamiens deguises en soldtats plantent dans le sol des tiges en metal produisant des fausses explosions. On se croirait a Disneyland.
Je suis donc un peu sceptique, pour ne pas dire completement decu par ce triste site touristique, completement gache par les Vietnamiens. Les tunnels sont tout de meme interessants a voir. Ils sont minuscules, profonds et angoissants. On comprend un peu mieux la force metale des Viets Cong pour avoir pu encaisser ca pendant plusieurs annees.


On voit par ailleurs des pieges Viets. Ils consistent en des trous creuses dans le sol et fait de pointes de bamboo. Certains sont fait pour tuer, d'autres blesser, d'autres encore capturer des soldats americains.

La visite continue pour finir sur le summum de la perversion touristique. Un site de tir au AK47, M16...Et oui il faut faire de l'argent, donc tout est bon. A 1$ la balle, on voit defiler les dollars au vacarme entourant le site. L'envie de tirer avec une arme a feu m'a decidemment passe. Ressentir la sensation d'avoir une arme...mais participer a la production de cette industrie de merde.
CuCi est derriere maintenant. Je ne conseille pas sa visite. J'ai entendu que d'autres tunnels plus authentiques se trouvent au niveau de la DMZ. Je verrai si j'ai le temps de les visiter.

Ho Chi Minh City plus communement appelee Saigon

Et me voila arrive a Saigon. Cette fameuse ville dont on a tant entendu parler dans les films Americains. Saigon, capitale du Vietnam Sud. Ville qui a tant fait couler d'encre et de sang. Et bien j'y suis.
Je suis largue dans la rue des backpackers, que je me plais a imaginer l'ancienne rue des GI en base au Vietnam. Ici que des blancs et des menus "western food". Des neons cliquants, des bars partout, des guesthouses, des agences de voyage...Oui je suis bien au coeur du Saigon pour touristes.
Je n'ai pas encore eu l'occasion d'etre vraiment surpris par le Vietnam. Seulement ce fameux delta. Mais pour ne pas rompre le fil directeur de ce voyage, qui met ma credulite a rude epreuve, je suis a nouveau surpris par ces grandes allees, ces parcs, ces rues relativement propres, ces grands buildings affichant des marques que je connais : Samsung, Canon, Xerox...Tout ca dans un pays que Noam Chomsky disait en 1990: "il faudra une siecle avant de pouvoir s'en remettre, en supposant que ce soit possible" apres un traumatisme de 30ans de guerre.
Pourtant ce que j'ai sous les yeux ne semble pas souffrir d'un quelconque traumatisme. Peut etre celui des motos. Je ne connais pas le ratio voiture/mobilettes, mais a vu de nez je dirai 1 voiture pour 50 scooters. Au moins je sais que pour une ville de 10millins d'habitants, pas moins de 4 millions de scoters sont recenses. Pas de tuk-tuk ou de taxi. Des motor-bike proposant leur service pour deposer qui que ce soit a l'autre bout de la ville.
En ce qui concerne les visites. Je commence par le tracee du Lonely Planet, en 4heures. Pauline n'a qu'une journee donc on fait au plus court. Rues marchandes, marche aux fruits, quartier d'affaires, Opera, Hote de ville, vieux temples...une belle diversite qu'on attend dans une ville aussi grande.Mais surtout la visite du Musee de la guerre. Celle avec les Americains bien sur. C'est bizarre de voir autant de touristes dans un musee cense retracer des atrocites. On n'est pas au Guggenheim ou au TATE. Ici ce ne sont que photos choquantes, chiffres cauchmardesques, recits poignants. Apres les ravages des UXO au Laos et des mines des Khmers Rouges au Cambodge, ici on voit les degats de l'agent Orange, un concentre de dioxine qui dans des quantites infimes peuvent causer des degats que le president Ukrainien n'est pas pret d'oublier.

Ici c'est plusieurs dizaines de millions de litres qui ont ete deverses dans les campagnes, les champs, les villages. Resultat : des malformations aberrantes, des atrophies parmis les civils mais aussi les militaires. J'apprend que les soldats Neo-Zelandais, Australiens, Thailandais et Philippins ont depose une plainte aupres du Secretaire a la Defense US pour utilisation de substances sans en informer les soldats. Les Vietnamiens quand a eux attendent des remboursements des US pour les consequences irremediables sur les cultures alentours de Saigon. L'agent Orange empeche aujourd'hui les cultivateurs de trouver une source de revenu de leur terre. A cela s'ajoute enfin, des proces contre les entreprises productrices de ces substances et qui se sont faites des millions de dollars de benefices sur le commerce de la mort. Ce dernier point n'est bien sur pas nouveau, et ne fais pas exception aux Vietnamiens.Un petit pincement au coeur tout de meme en voyant que au sein meme du musee, on vend des livres de "Twillight" ou des Lonely Planet, on expose des chars sur lesquels les touristes Americains ne peuvent s'empecher de grimper pour prendre des photos. Tout cela retire un peu de la profondeur du lieu.

Ja passerai 3 jours a Saigon. Mon coup de coeur de cette ville restera les visites des vieux temples dans Chinatown. Des batiments encastres, enfonces, ombrages, emplis d'encens et de croyants. Des jeux de lumieres superbes, des ombres religieuses,une atmosphere d'antan qu'il devient difficile de trouver. Les murs parlent de leur histoire. Je ne la comprend pas pour autant, mais elle est autour de moi et ca me suffit.
Je repars de cette ville avec un sentiment positif. Une ville variee, des gens agreables, de beaux monuments et un quartier historique encore conserve.

mardi 20 avril 2010

Quand la fatigue pointe son nez

Apres maintenant pres de 16 semaines "out of France" quelques moments de fatigue commencent a se faire sentir.

La derniere fois que je me suis pese, il y a 30jours, j'avais perdu 5.5kg. Deja pas bien lourd avant de partir, mes joues sont maintenant encore plus creusees. Donc aux dernieres nouvelles, je suis passe sous la barre symbolique et importante des 60kg. On peut dire que je" m'asseche".

Et en dehors de ca d'autres choses : la chaleur humide, le bruit omnipresent des scooters, des klaxons, la pollution des rues, les odeurs pas toutes agreables, la fumee de plastique brule, les sollicitations incessantes des conducteurs de tuk-tuk, l'energie necessaire pour se aller acheter un ticket de train ou de bus, marcher jusqu'a la gare, comparer les prix les moins chers, manger des soupes des le matin, mal dormir, se faire sa lessive, marcher encore et encore...et porter son sac lourd. Reflechir aux prochaines destinations, a ce qu'on veut voir, a quel rythme on veut le faire.

Et puis les imprevus. Les changements de plans a la derniere minute. Des annulations, des mauvaises surprises pour obtenir les visa. Tout ca use peu a peu. Resultat on traine les pieds, on perd l'ernergie pour visiter, on se demotive.

Je suis actuellement a Hanoi et poutant je rechigne a decouvir cette capitale. Je ne vois cette ville que comme une autre source de nuisance de tous types. Alors si le courant ne passe pas tout de suite, si le feeling ne vient pas rapidement, et bien je me laisse aller a ne rien faire. Internet, manger, marcher tout de meme dans les rues puis revenir a la chambre.

Je me dit que je gaspille mon temps, a ne pas me forcer a voir. Mais quand je me force, je ne profite pas. Pour le moment, je vais essayer de rechargher les batteries. Aller dans les hauteurs, au frais, a l'abri des harcelements des scooters. Voir des plaines, des champs, des rivieres...et des villes de moins de 150.000 habitants. Ici tout est dense. La population est telle que chaque ville est immense.

Et puis le Nord du Vietnam, qu'on m'a presente comme moins chaleureux, est bien comme on le dit. Les echanges de regards ne se font pas. Les sourires, eux aussi, necessitent de l'energie pour les obtenir.

Voila donc une passade, un cap des presque 4mois. La solitude pese a nouveau. Cette fois ci pas sous la meme forme qu'a Bangkok. Plus question de rencontres et de separations. Maintenant peu de rencontres, peu d'echanges sauf ceux sinceres mais limites avec les Vietnamiens. Mais les autres manquent. Je me sens fatigue, deja.

Ma patience s'use, ma curiosite aussi. Je vais me reposer pour mieux profiter.